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La tuberculose osseuse est une forme particulière de tuberculose, qui peut être associée ou non à la forme pulmonaire la plus connue et la plus fréquente. Devenue rare dans les pays occidentaux, elle frappe surtout les populations migrantes et les personnes souffrant d’un déficit immunitaire. Sournoise, elle est parfois longue à diagnostiquer, ce qui accroît le risque de lésions osseuses irréversibles. Son traitement est antibiotique avec parfois un recours possible à la chirurgie.

Origine de la tuberculose osseuse

La tuberculose osseuse, ou tuberculose ostéo-articulaire, représente l’une des principales formes extra-pulmonaires de la tuberculose. La tuberculose est due à l’infection par une bactérie, Mycobacterium tuberculosis, également appelée le bacille de Koch. Dans la majorité des cas, cette infection provoque une tuberculose pulmonaire, forme la plus connue de tuberculose. Cette tuberculose pulmonaire peut également s’étendre à d’autres organes que les poumons, comme le cerveau, l’œil, le foie, le cœur, les reins ou les os. Enfin, la tuberculose osseuse n’est pas forcément associée à une tuberculose pulmonaire et peut survenir de manière isolée.

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Symptômes de la tuberculose osseuse

L’infection par le bacille de Koch n’entraîne pas nécessairement des symptômes de tuberculose. Seules 5 à 10 % des personnes infectées développent une tuberculose, généralement pulmonaire. La bactérie va toutefois persister dans l’organisme, en dormance.

La tuberculose osseuse concerne surtout les personnes fragilisées et survient principalement :

  • soit après une tuberculose pulmonaire (non traitée ou mal soignée) ;
  • soit à distance de l’infection bactérienne, lorsque l’état de santé d’une personne infectée précédemment se retrouve altéré par un déficit immunitaire (apparition d’une maladie grave, infection par le VIH, prise d’un traitement immunosuppresseur, suite d’une maladie grave, etc.).

Les symptômes de la tuberculose osseuse sont les suivants :

  • l’apparition d’un gonflement ou d’une inflammation au niveau d’une articulation ou d’un os ;
  • une poussée de fièvre nocturne, accompagnée de sueurs abondantes (symptômes parfois absents) ;
  • la formation d’abcès dans les articulations ou sur les os, le plus souvent au niveau de la colonne vertébrale, des hanches et des genoux ;
  • des douleurs articulaires très fortes associées à la présence de ces abcès ;
  • progressivement, des lésions irréversibles allant de déformations articulaires ou osseuses à une paralysie des membres ou une raideur de la colonne vertébrale.

La maladie évolue par une succession de poussées et de périodes d’accalmie pendant lesquelles la bactérie poursuit son action destructrice sur les tissus osseux. Lorsque la tuberculose osseuse atteint spécifiquement la colonne vertébrale, elle est également appelée une spondylodiscite bactérienne ou la maladie de Pott.

Diagnostic de la tuberculose osseuse

Le diagnostic de tuberculose osseuse peut être évoqué en fonction du contexte clinique du patient (suite d’une tuberculose pulmonaire ou dégradation de son état de santé) et des symptômes ressentis par le patient. Le délai de diagnostic est parfois long, lorsque les signes cliniques ne sont pas très caractéristiques de la tuberculose osseuse.

Les médecins prescrivent plusieurs examens médicaux pour confirmer le diagnostic et établir la gravité de l’atteinte :

  • des examens d’imagerie (radiographies, scanners, IRM pour visualiser les lésions articulaires et osseuses ;
  • la biopsie et l’analyse du contenu d’un abcès articulaire ou osseux révélant la présence de bacilles de Koch ;  
  • des analyses sanguines qui sont le plus souvent normales et donc peu contributives au diagnostic.

Traitement de la tuberculose osseuse

La tuberculose osseuse, comme la tuberculose pulmonaire, nécessite un traitement long par plusieurs antibiotiques associés et efficaces contre le bacille de Koch qu'on appelle les antituberculeux :

  • la rifampicine ;
  • l’isoniazide ;
  • l’éthambutol ;
  • la pyrazinamide ;
  • la rifabutine ;
  • certains aminosides.

Le traitement est adapté au cas spécifique de chaque patient. Il doit être poursuivi sur une longue période, de 6 mois à 2 ans, jusqu'à la totale éradication de la bactérie de l’organisme. La régression des symptômes ne doit pas entraîner un arrêt prématuré du traitement qui serait à l’origine d’une rechute de la maladie.

Par ailleurs, des interventions chirurgicales sont parfois envisagées pour retirer les abcès osseux. Lorsque l’infection est parfaitement guérie, la pose de prothèses de hanche ou de genou est possible, lorsque la maladie a entraîné des lésions irréversibles.

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